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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 12:40

La bataille de France – Par Emmanuel Navon

Publié le : 26 avril 2012
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Le premier tour de l’élection présidentielle en France m’a rappelé mon passé: Nicolas Sarkozy était le maire de la commune où je vivais; Nicolas Dupont-Aignan (le candidat gaulliste) et Pierre Moscovici (le directeur de campagne de François Hollande) furent mes maîtres de conférence à Sciences-Po. Mais ces candidats ne me manquent pas et je m’estime heureux de ne plus vivre en France (et pas seulement parce que les cours de Dupont-Aignan et de Moscovici étaient à mourir d’ennui).  Car si Sarkozy est battu au second tour (comme les sondages le prévoient), la France ira à la faillite et l’Euro ne survivra sans doute pas.  Bien que j’ai été déçu par Sarkozy, et bien que j’ai perdu toute patience pour son style erratique, je le soutiens.

J’ai fermement critiqué Sarkozy après qu’il ait insulté mon Premier Ministre en novembre 2011 (« Sarkozy, c’est fini, » 9 novembre 2011).  Dans mon article, je raillais la politique étrangère de Sarkozy, je désavouais son attitude à l’égard d’Israël, et je lamentais l’écart entre ses demi-réformes économiques et la « rupture » qu’il avait promise avant son élection.  Je concluais ainsi: « Sarkozy a perdu le vote juif et sa défaite probable aux élections présidentielles sera bien méritée.  Sarkozy, c’est fini. »  Je souscris à chaque mot: Sarkozy ne mérite pas d’être réélu et je ne saurais m’en désoler au vu de son attitude à l’égard d’Israël ces deux dernières années.  Et pourtant, comparé à Hollande, Sarkozy est un moindre mal.  J’en appelle donc à voter pour lui.

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L’économie française est sur le point de partager le sort de celui de ses voisins du sud du fait de sa croissance faible, de sa dette insoutenable, et des inquiétudes justifiées des marchés financiers.  L’État français est le plus grand dépensier de l’OCDE: ses dépenses représentent 56% de son PIB, tandis que la moyenne des pays de l’OCDE est de 43%.  Comme ses voisins européens, la France a bâti un État providence généreux après la Seconde Guerre mondiale.  Mais la crise économique des années 1970 a fortement diminué la croissance et les revenus fiscaux qui finançaient  l’État providence européen.  Et la démographie européenne (augmentation de la durée de vie et diminution du taux de natalité) réduit inévitablement le nombre de contribuables tout en augmentant le nombre de retraités.  Ajoutez à cela la globalisation, qui permet aux capitaux et aux sociétés de migrer librement vers des pays plus accueillant fiscalement, et vous comprenez pourquoi le gouvernement français ne parvient pas à joindre les deux bouts et a besoin d’emprunter pour assurer ses dépenses.

Contrairement à ses voisins nordiques, la France n’a jamais adapté ses dépenses à sa démographie et à la globalisation.  Les réformes réussies de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne (dans les années 1980) et de Gerhard Schröder en Allemagne (dans les années 1990) n’ont jamais eu lieu et n’auront sans doute jamais lieu en France: les Français pensent dans leur majorité (comme l’indiquent systématiquement les sondages d’opinion) que le capitalisme est injuste, et ils semblent croire que les lois de l’économie ne s’appliquent pas à l’État.  Tandis qu’en Grande-Bretagne, en Irlande, au Portugal et en Espagne les électeurs ont choisi ces deux dernières années des partis et des dirigeants qui ont promis des réformes économiques douloureuses, les Français ont plébiscité le 22 avril dernier des candidats qui accusent la globalisation et les marchés financiers des problèmes économiques de la France, et qui n’ont promis aucune des réformes dont l’économie française a tant besoin.

Le fait que la France refuse de regarder la réalité économique en face a des conséquences.  La dette publique de la France constitue 90% de son PIB (un chiffre qui ne fait qu’augmenter et qui atteindra 100% en 2015 selon la Cour des Comptes).   Le budget de l’État est déficitaire depuis 1974.  La France a le plus grand déficit des comptes courants de la zone Euro en termes nominaux.  Les banques françaises sont sous-capitalisées.  La France souffre d’un taux de chômage structurel (10% contre 5,8% en Allemagne) entre autres parce que coût de l’emploi en France est trop élevé (un employeur français paie deux fois plus de charges sociales qu’un employeur allemand).

Jusqu’à la crise financière de 2008, la France pouvait vivre à crédit parce que, après tout, l’économie française a de nombreux atouts.  Mais les prêteurs, aujourd’hui, sont rares et exigeants, et donc la France pourrait bien partager le sort de la Grèce.

La France doit se réveiller avant qu’il ne soit trop tard, et les candidats à la Présidence doivent dirent la vérité aux électeurs.  Or ils font exactement le contraire –surtout François Hollande.

Le programme d’Hollande inclut l’augmentation des dépenses publiques (20 milliards d’Euros sur cinq ans), la remise en cause partielle de l’augmentation de l’âge de la retraite à 62 ans, un impôt sur le revenu de 75% pour les plus riches, et une augmentation de l’impôt sur la fortune.  Alors que l’État français a besoin de se mettre au régime d’urgence, Hollande veut l’engraisser.  Pis, Hollande veut renégocier l’acte  fiscal européen, un accord conclu à l’arrache-pied pour imposer une certaine discipline budgétaire au sein de la zone Euro.

La victoire d’Hollande entraînera donc une fuite des capitaux et des talents, ainsi qu’une déstabilisation de l’Euro.  Au lieu de s’attaquer aux déséquilibres structurels de l’économie française, Hollande mènera la France à la faillite et l’Euro à sa perte.

Les réformes économiques de Nicolas Sarkozy ont certes été bien minces pendant ses cinq années au pouvoir, mais un Sarkozy réélu n’aura plus à craindre la sanction de l’électorat et il prendra peut-être les mesures impopulaires et nécessaires pour sauver la France de la faillite.  Même s’il ne mérite pas le bénéfice du doute et même s’il ne  mérite pas d’être réélu, son remplacement par Hollande constituerait une catastrophe pour la France et pour l’Europe.  Pour cette raison, les Français doivent mettre de côté leur antipathie justifiée pour Sarkozy et le réélire.

Par Emmanuel Navon – JSSNews
Emmanuel Navon est Professeur de Relations Internationales à l’Université de Tel-Aviv est candidat du Likoud pour les prochaines législatives israéliennes.
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